Après l’inscription, en 2012 de Rabat au patrimoine mondial, Casablanca a déposé sa candidature et elle a des arguments de taille !

Pour le commun des mortels, Casablanca est la ville art-déco par excellence, mais sous ce vocable générique, se cache une variété de mouvements représentatifs de l’architecture du XXème siècle.

Casablanca, fait déjà figure de cas d’école, pour son architecture des années 20 et 50, enseignée dans toutes les écoles d’architecture du monde, aux côtés de Brasilia et de Buenos Aires.

Au milieu des années 20, et comme partout ailleurs dans le monde, Casablanca connaîtra la déferlante de la vague art-déco, qui y sera développée à une échelle exceptionnelle. Aux côtés d’un art-déco au cachet international, se développera un art déco particulièrement casablancais intégrant, avec bonheur, les éléments décoratifs marocains, particulièrement le Zelij, et dont le plus bel exemple restera l’immeuble Glaoui à l’entrée du boulevard Mohamed V.

Dès la fin des années vingt, on voit surgir à Casablanca des bâtiments aux façades nues et lisses, à la volumétrie cubiste, d’une simplicité et d’un dépouillement élégant. Ce style dit fonctionnaliste, aux accents Bauhaus affirmés, va lui aussi essaimer dans la ville blanche. L’immeuble Assayag, rue Hassan Sighir, en est un super échantillon.

Bientôt de grands vaisseaux, tout en courbes soulignées de longs balcons filants, ponctueront de leur prou les grands boulevards de la cité. Le style paquebot sera adopté particulièrement pour les grandes tours comme l’immeuble Liberté, surnommé “Dix-sept étages”, à l’époque l’un des plus haut d’Afrique.

Dans les années 50, 60 et 70, un nouveau style audacieux et provoquant, s’impose à Casablanca : le brutalisme. Débarrassé de tout élément décoratif, ce style glorifie le béton en le soumettant à des formes futuristes.

C’est l’ensemble de ces mouvements architecturaux, ayant marqué de leur empreinte Casablanca et qui cohabitent dans leur diversité, qui lui confère un patrimoine exceptionnel d’architecture métissée.

L’inscription de Casablanca au patrimoine mondial, initiée sous l’impulsion de l’association Casamémoire, sera non seulement une consécration qui lui conférera une reconnaissance internationale et lui assurera un nouvel essor touristique, mais lui permettra indéniablement de préserver son patrimoine qui sera dès lors classé et pourra même se voir assurer une restauration en règle.