Tout le monde savait que la pandémie du covid-19 allait transformer durablement les économies dans le monde. Le secteur de l’immobilier professionnel ne fait pas l’exception. Le confinement qui a conduit au télétravail dans des milliers d’entreprises dans le monde a ouvert le champ à une réflexion en profondeur sur les conséquences du « home work ». Que ce soit en termes de performance, de bien être des collaborateurs, de gestion des espaces bureaux, il a forcé les directions à remettre en cause le paradigme du 100% présentiel.

À l’international, plusieurs études démontrent que le télétravail devrait s’installer durablement dans le paysage. Celle menée par l’Association française des DRH et le Boston Consulting Group sur les nouveaux modes de travail suite à la crise de la Covid-19, révèle que 85 % des DRH interrogés indiquent que le développement du télétravail est souhaitable et 82 % estiment désormais davantage de postes « éligibles » actuellement.

D’après une autre étude de l’Association Pour l’Emploi des Cadres (Apec), 83 % des cadrent désirent “télétravailler à l’avenir”. Toutefois, conscients des risques liés à l’isolement, burn-out, charge de travail… ils appellent à l’adoption d’un “modèle hybride”.

Pour sa part, l’étude de Cisco intitulée «Le futur des collaborateurs» explique qu’avant le confinement, seulement 4 % des Français interrogés avaient la possibilité de télétravailler à leur guise. Aujourd’hui, la majorité d’entre eux espère conserver l’autonomie acquise, tout en pouvant choisir l’option qui leur convient le mieux. Ils sont en effet 88 % à vouloir définir comment et quand ils utilisent les espaces de bureau, tout en combinant le travail à distance.

Au Maroc, un bon nombre d’entreprises (médias…) ont décidé même après le déconfinement en juin 2020, de donner la possibilité à leurs salariés de travailler de chez eux. Si le mouvement n’est qu’à ces débuts, la transformation des mentalités au Maroc, dans le rapport à l’espace travail est en marche. Longtemps considéré comme un moyen de contrôler le travail et l’implication des salariés, la présence au bureau est remise en cause, par l’expérience du confinement. Il est aujourd’hui admis que le « homework », loin de diminuer la productivité des équipes, et dans une bonne proportion permet d’améliorer le bien-être des collaborateurs.

Mieux encore, la récession économique engendrée par le covid-19 a poussé les entreprises à déployer des plans de sauvetage passant entre autres par la réduction des effectifs, le gel des nouveaux recrutements mais aussi, est c’est un trait saillant de cette crise, d’une réduction des espaces bureaux. Chez Yasmine Immobilier, nous constatons que 90% des demandes de multinationales qui nous contactent pour la location de bureaux, ont reçu comme directive de réduire de 50% leurs espaces bureaux à horizon fin 2021.

Ceci augure d’une transformation du besoin des entreprises à l’ère Post-Covid en matière de l’immobilier professionnel. En effet, le dogme d’un bureau par responsable ou directeur est derrière nous. Les espaces partagés, agiles, modulables deviennent la règle. La présence au bureau passe du 100% obligatoire au 2 à 3 jours par semaine, avec roulement entre les équipes.Seules les équipes Finance ou RH doivent assurer une présence continue au travail.

Au niveau de la Tour Jasmin par exemple (Plateaux bureaux développés à Casa Anfa par Yasmine Immobilier) le fait d’avoir la possibilité de louer des bureaux de 200m2, paraissait en 2019, être une hérésie pour les experts immobiliers. Or aujourd’hui, 9 mois après la livraison du bâtiment, nous constatons que cela répond parfaitement aux besoins de réduction des espaces bureaux des entreprises. S’il est vraiqu’une partie de la Tour Jasmin accueille le siège de Manpower* sur une grande superficie, la majorité des autres entreprises qui s’y installent s’orientent vers les bureaux de 200m2.

In fine, les entreprises se montrent beaucoup plus regardante sur la capacité de leurs futurs bureaux d’intégrer les nouveaux protocoles sanitaires. Parmi les éléments les plus importants, les sas de sécurité, la luminosité des bureaux, l’aération naturelle et les espaces extérieurs.

Il est donc évident que la période 2020-2021 va transformer durablement le parc immobilier professionnel, conduisant l’ensemble des acteurs de ce segment, de l’architecte au commercialisateur à concevoir et réaliser des projets en ligne avec cette nouvelle ère qui s’ouvre.